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Budget des communes : L'AMDR et Ericka Bareigts obtiennent un mea-culpa du gouvernement

Ce mercredi 23 octobre, Serge Hoareau, président de l'Association des maires de La Réunion (AMDR), a convoqué une conférence de presse pour dénoncer le projet de loi de Finances 2025, qui prévoit un coup de rabot de 36 millions d'euros sur le budget de fonctionnement des communes réunionnaises de plus de 30.000 habitants. Entouré de plusieurs maires et d'Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis et vice-présidente de l'Association des maires de France (AMF), il a mis en garde contre les conséquences dramatiques que cette mesure aurait sur les collectivités locales et sur la population réunionnaise.
Ecrit par S.I. – le mercredi 23 octobre 2024 à 16H55

Le projet de Loi de Finances 2025 suscite de vives inquiétudes à La Réunion, en raison d'une réduction significative des crédits de paiement alloués à la mission Outre-mer. Une baisse qui affecterait lourdement les budgets des communes et intercommunalités de l'île, compromettant leur capacité à répondre aux besoins de leurs administrés, assure l'Association des maires de La Réunion (AMDR).

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Courant octobre, le président de l'AMDR, Serge Hoareau, avait adressé une lettre au Premier ministre Michel Barnier ainsi qu’aux ministres François-Noël Buffet (Outre-Mer) et Antoine Armand (Économie) sur la baisse drastiques des crédits alloués à l’Outre-mer. Il y avait dénoncé la réduction de 38 % des crédits attribués aux collectivités locales, passant ainsi de 328,4 à 202,2 millions d’euros.

"Un moment grave pour les collectivités locales"

 

Serge Hoareau a tenu à souligner la gravité de la situation. "Aujourd'hui, je crois que le moment est grave pour les collectivités locales," a-t-il lancé. Selon lui, cette réduction budgétaire va directement impacter les services publics locaux, notamment les secteurs essentiels comme le logement social, le bâtiment et les travaux publics (BTP). "Nous, collectivités locales, sommes les premiers donneurs d’ordre à La Réunion", a rappelé le maire de Petite-Île, en expliquant que cette coupe drastique aggravera la situation économique de l'île.

Il a pointé du doigt les conséquences concrètes pour les Réunionnais : "Demain, on va aggraver la situation dans le BTP, on va aggraver la situation dans la problématique du logement social et donc ce sont les Réunionnaises et les Réunionnais qui vont être impactés par cette décision". Pour Serge Hoareau, il est inconcevable que les collectivités locales, déjà en difficulté, soient contraintes de contribuer à l'effort national de réduction de la dette publique. "Nous demandons donc au gouvernement de revoir sa copie", a-t-il insisté, dénonçant une "grave erreur."

Oubli ou négligence ? Le gouvernement promet une correction pour l’Outre-mer

 

Ericka Bareigts a apporté son soutien à ses collègues maires en partageant les résultats de ses récents échanges avec le gouvernement. Reçue ce mardi 22 octobre par le ministre des Outre-Mer, François-Noël Buffet, et le conseiller à l’Outre-Mer du Premier ministre, Frédéric Joram, elle a exprimé les inquiétudes des maires de La Réunion quant à cette coupe budgétaire. "On a rencontré le conseiller du Premier ministre et le ministre des Outre-mer, on était venus leur dire : écoutez, on contribue déjà beaucoup à la dette de l'État" a expliqué l'ancienne ministre des Outre-Mer.

Selon elle, le gouvernement a reconnu qu’il s’agissait d’un "bug" concernant les communes d’Outre-Mer, et s’est engagé à corriger cette erreur. "Ils nous ont confirmé qu'ils n'avaient pas vu que les Outre-Mer manquaient à l'appel dans l'article 64", a-t-elle ajouté. Un amendement gouvernemental devrait ainsi être déposé dans les prochains jours pour exempter les collectivités ultramarines de ces restrictions budgétaires.

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Toutefois, malgré ces promesses, Ericka Bareigts reste prudente. "Je ne crois que ce que je vois", a-t-elle déclaré, tout en soulignant que le travail a été engagé pour défendre les intérêts des Outre-Mer dans ce dossier. Selon elle, la solidarité entre les élus locaux et nationaux est essentielle pour obtenir gain de cause. "Nous sommes solidaires avec les maires de La Réunion, mais aussi avec ceux des Outre-mer et de l’Association des maires de France", a-t-elle affirmé.

Pour se prémunir contre un éventuel blocage parlementaire, l'AMDR a également travaillé en étroite collaboration avec Philippe Naillet, député de la 1ère circonscription de La Réunion, pour proposer un amendement alternatif en cas de défaillance du gouvernement. "Si le gouvernement ne propose pas l'amendement annoncé, nous avons déjà une solution de repli prête à être discutée à l’Assemblée nationale", a précisé Ericka Bareigts. Un effort similaire sera mené au Sénat, afin de garantir la protection des collectivités locales ultramarines.

Une mobilisation nécessaire au-delà du gouvernement

 

Pour Serge Hoareau, le combat ne fait que commencer. Il a appelé à une mobilisation générale, non seulement des élus locaux, mais aussi des parlementaires, afin de garantir la pérennité des budgets des communes réunionnaises. "Nous allons rester extrêmement vigilants pour veiller à ce que nous puissions préserver l'essentiel, c'est-à-dire nos budgets de collectivités locales, pour les Réunionnaises et les Réunionnais", a-t-il conclu.

Alors que les communes réunionnaises se préparent à affronter des coupes budgétaires drastiques, l’espoir repose sur un amendement rectificatif promis par le gouvernement. Reste à savoir si la mobilisation des maires, des députés et des sénateurs saura convaincre les pouvoirs publics de corriger cette "erreur".

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