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Manuel Valls : "L’engagement de la Nation est de reconstruire Mayotte mieux et différemment"

Ecrit par S.I. – le mardi 24 décembre 2024 à 16H42

François-Noël Buffet, ministre des Outre-Mer depuis septembre 2024, passe officiellement le flambeau ce mardi à Manuel Valls, nommé à la surprise générale par le Premier ministre François Bayrou. La cérémonie de passation s'est tenue à 12h heure de Paris au siège du ministère à l'hôtel de Montmorin. 

La nomination de Manuel Valls a suscité de vives réactions dans le paysage politique. Ancien Premier ministre sous François Hollande, cet habitué des hautes sphères de l’État revient sur le devant de la scène après plusieurs années en retrait. François Bayrou avait justifié le choix de Manuel Valls rue Oudinot pour sa personnalité "audacieuse" et qui "ne craint pas le risque"

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Dans son discours d’adieu, François-Noël Buffet n’a pas éludé les défis majeurs qui ont rythmé son court passage de trois mois au ministère. "La Nouvelle-Calédonie, la Martinique, Mayotte… Autant de territoires qui vont demander beaucoup d’attention et de constance dans les mois et les années à venir. J’ai une pensée particulière pour nos compatriotes mahorais, qui connaissent encore une situation très difficile", a-t-il déclaré, rappelant l’urgence des problématiques locales.

Une transition placée sous le signe de la continuité

En dépit de ce calendrier chargé, l'ex-locataire de l'hôtel de Montmorin a souligné les efforts entrepris. "Trois mois de combat intense pour redresser la barre budgétaire, pour engager des chantiers structurants en vue du prochain Comité interministériel des Outre-mer (CIOM), notamment sur des sujets clés comme le pouvoir d’achat, la souveraineté alimentaire ou encore l’économie bleue", a-t-il précisé.

François-Noël Buffet a également salué la richesse humaine des Outre-mer : "Ces territoires regorgent de pépites et de talents qu’il faut absolument valoriser. Leur apport à la nation, qu’il soit sportif, économique ou culturel, mérite d’être mieux reconnu".

Avant de conclure son allocution, l’ancien ministre a transmis symboliquement les clés du ministère à Manuel Valls, un geste empreint de solennité : "Monsieur le ministre, vous avez la clé, maintenant".

A Mayotte dans quelques jours

Prenant sa suite, Manuel Valls a tenu à exprimer son soutien aux habitants de Mayotte. "Nous pensons aux victimes, aux morts et aux blessés nombreux. C'est l'urgence et c'est notre priorité", a-t-il déclaré. Le ministre a évoqué les efforts déjà déployés par l’État pour répondre à cette crise humanitaire, notamment en matière de ravitaillement, d'accès à l'eau et à l'électricité, et de préparation de la rentrée scolaire.

Selon lui, la reconstruction de Mayotte doit aller au-delà d’une simple remise en état : "L’engagement de la Nation est de reconstruire Mayotte mieux et différemment. C’est aussi le sens de la loi de reconstruction, qui, nous l’espérons, sera adoptée très vite." Manuel Valls a prévu de se rendre à Mayotte dans les prochains jours.

Manuel Valls a également souligné les défis auxquels est confrontée la Nouvelle-Calédonie, notamment après les émeutes meurtrières du printemps dernier. "Ce territoire, meurtri par la violence, ses fractures et une économie exsangue, a besoin d’un gouvernement le plus vite possible", a-t-il affirmé.

"Bâtir un destin commun"

Reconnaissant le travail accompli par son prédécesseur, il a insisté sur la nécessité de construire un avenir inclusif et respectueux des spécificités locales : "Il faudra être inventif, respectueux et responsable pour bâtir un destin commun".

Au-delà des crises immédiates, le ministre a dressé un tableau des problématiques chroniques des territoires ultramarins : vie chère, vulnérabilités sociales et économiques, et sentiment d’abandon. "Ces territoires se rappellent à l'Hexagone lors des crises, mais retombent dans l'oubli une fois la fièvre passée. Cela doit changer", a-t-il martelé.

Il a également rappelé l’importance stratégique des Outre-Mer pour la France, qui grâce à eux bénéficie d’une présence sur cinq continents et trois océans, ainsi que du deuxième domaine maritime mondial. "Ils sont un atout, une force, et ils doivent avoir notre soutien", a-t-il insisté.

Manuel Valls a annoncé vouloir faire du ministère des Outre-Mer une "maison ouverte", en multipliant les rencontres avec les élus locaux, les forces économiques et sociales, et surtout les citoyens.

Soucieux de replacer la fraternité au cœur des politiques publiques, il a conclu : "La République reconnaît au sein du peuple français les populations d'Outre-Mer dans un idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est ma feuille de route et je n’oublierai jamais."

Un défi de taille pour Manuel Valls

La nomination de Manuel Valls au ministère de l'Outre-mer, marque un tournant majeur dans la politique ultramarine du gouvernement dirigé par François Bayrou. Pour la première fois depuis 2022, ce portefeuille retrouve son statut de ministère de plein exercice, une manière pour le gouvernement de témoigner sa volonté de replacer les territoires ultramarins au cœur des priorités nationales.

Dans l'ordre protocolaire, Manuel Valls occupe une place stratégique en devenant le numéro trois du gouvernement. Il se situe juste après Elisabeth Borne, ministre d'État en charge de l'Éducation, mais devance les titulaires des portefeuilles de l'Intérieur (Bruno Retailleau) et de la Justice (Gérald Darmanin). Pour le gouvernement, ce positionnement illustre l'importance accordée aux enjeux ultramarins, souvent exacerbés par des crises récurrentes.

Cette nomination intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les Outre-mer. La Nouvelle-Calédonie, encore meurtrie par les émeutes du printemps, et Mayotte, récemment dévastée par le cyclone Chido, incarnent les défis auxquels le nouveau ministre devra faire face.

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